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トウフ生活 - Tofu Seikatsu : Journal de vie d'un Français au Japon

Tofu Seikatsu: Journal de vie d'un Français au Japon au quotidien, blog, photoblog, anecdotes, embrouilles, coups de gueule, coups de coeur, coups de mou au Pays du Soleil Levant... et parfois en France aussi

26 septembre 2006

Cette vie tokyoïte... au féminin

Ce fut une grande première pour moi. Vivre à Tokyo "même"...

Cela fait bientôt trois mois que je vis dans la capitale japonaise. Le Japon ne m'est pas inconnu, car ce qui me connaisse ou on déjà suivi mes aventures depuis quelques temps savent que j'ai déjà passé une annnée à Yokohama, puis une autre sur les bords du lac Biwa à proximité de Tokyo.

Mais vivre à Tokyo ne ressemble à rien de ce que j'ai fais jusqu'à ce jour. La ville a changé en 5 ans, sa population a évolué, et j'avoue qu'après un an passé dans le Kansai, revenir ici me laisse plutôt sceptique. Je souhaite exposer ici quelques éléments qui font que je n'arrive pas à aimer Tokyo, du moins une frange de ses habitantes...

Le touriste en goguette ou l'expat n'ayant vu du Japon que Roppongi et Kyoto ne peut, je pense, distinguer ces subtiles différences qui m'irritent ou me décoivent. Ce n'est tout d'abord pas un cliché que de dire que comme pour toute capitale, les gens ne sourient pas. Les tokyoïtes me donnent l'impression d'une joie de vivre anémiée, presque forcée, qui n'a rien à voir avec la gouaille des habitants d'Osaka, la nonchalance bonhomme d'Okinawa ou la jovialité de ceux de Kyushu.. Ils semblent prisonniers dans leur chair, comme avalés par l'énorme mégalopole oú ils vivent. On n'est jamais autant un anonyme que lorsque l'on vit à Tokyo. Les gens passent dans la rue, et il y en aura toujours un qui viendra après... La ville est pleine, mais n'est pas grouillante comme ses homologues asiatiques, elle est plus sage, plus codifiée, plus "coincée".

Tokyo est également une ville où la jeunesse est absente. La baisse drastique du nombre d'enfants ces dernières années se voient et se sent partout. Les dessins animés pour enfants ont disparu de l'antenne, remplacés par des séries plus adultes, diffusées à une heure où tout le monde dort. Les magazines pour la jeunesse se font rares, remplacés par les équivalents de ELLE ou Cosmo où on n'y parle pas congés maternité ou allaitement mais mode, maquillage, chirurgie esthétique.. pour un coeur de cible résolument centré autour de la trentaine. Les femmes japonaises surprennent par la minceur de leurs hanches, même à l'âge de 35-40 ans.. mais sachant qu'elles sont de moins en moins nombreuses à accoucher, elles ne subissent plus les déformations dûes aux grossesses multiples.

Je crois en fait avoir une dent contre la Tokyoïte de 30-40 ans, celle qui a vécu une jeunesse dorée à l'époque de la bulle oú la vie était facile et l'argent coule à flot. Je la trouve même insupportable, égoiste, égocentrique.. Je suis sidéré par le nombre élevé d'entre elles qui, refusant de céder à l'image traditionnelle que l'on peut avoir de la femme japonaise soumise, fuit le mariage, fuit ses responsabilités de mère, fuit même les hommes et tout ce qui ressemble à de l'autorité masculine. Les "Tanguy" au féminin se parent de sac Dior et font tourner une économie japonaise qui se sait déjà menacée par sa pyramide des âges.
Les enfants ici sont très peu visibles. La faune tokyoïte type a la trentaine, pas d'enfants, reste chez ses parents pour pouvoir bénéficier d'un cocon familial sans en supporter les contraintes (financières par exemple). La femme tokyoïte a réussi en contrôlant son corps à mettre en péril l'équilibre même du pays, poussant ainsi ce fémino-capitalisme déguisé à son paroxysme, à sa faillite...

Toute ressemblance avec des personnes déjà rencontrées seraient bien évidemment fortuite....

(bon d'accord, je me suis un peu lâché... et pour avoir relu ce texte, je pourrai presque me croire machiste de la vieille école... mais je pense que ceux qui seront amenés à payer leurs retraites dans 30 ans abonderont dans mon sens... mais promis, la prochaine fois j'attaque la question des hommes nippons qui se croient eux encore au 19ème siècle dans leur relation avec les femmes... soit l'inverse complet de ce que je viens d'écrire... L'excès d'un côté amenant très souvent l'excès de l'autre...)

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Posté par massiou à 11:04 - Chroniques Sociales Nippones - Commentaires [11] - Permalien [#]

Commentaires

    ... euh, ce que je vais vous dire va sans doute vous bouleverser...
    Il paraît (je dis bien il paraît!) que pour faire un enfant il faut non seulement une femme, mais aussi... un HOMME!
    Incroyable, non?!
    Donc toutes ces chiennes carriéristes que vous décrivez, avec leur sac Gucci, décidées à annihiler leur pays pour l'amour de leur indépendance, au lieu d'accepter des mariages imposés, d'écarter les jambes et de procréer pour payer VOTRE retraite... eh bien peut être (peut être!) qu'elles ne sont pas seules responsables.
    Voire (voire!), elles auraient du mal à rétablir la situation toutes seules.

    Rendez-nous service, rentrez chez vous.

    Posté par Akiko, 15 février 2008 à 22:21
  • Réponse à Akiko

    C'est toujours un plaisir d'avoir un peu de répondant sur ces sujets, un peu triste de voir que cela tourne à l'agressivité gratuite. Pour que ce billet qui a déjà plus d'un an et demi (Septembre 2006), il est vrai qu'il aurait été juste de la contrebalancer avec un autre message, sur les hommes cette fois.

    Point par point je réponds:
    §Pour faire un enfant il faut un homme, ça je l'accorde amplement, et c'est surtout la différence d'approche entre les hommes et les femmes au Japon qui amènent au résultat actuel. Les hommes japonais (je me permet une critique avec le risque de me faire incendier) vivent encore avec leurs conception d'il y a une trentaine d'années: bobonne à la maison, le repas prêt quand je rentre et les enfants couchés parce que je rentre tard après m'être pochtronné avec mes collègues de bureau. D'accord ou pas, c'est quand même le modèle traditionnel de la société japonaise...
    Les mariages imposés au Japon, je suis désolé ça n'existe plus beaucoup. En revanche la pression sociale liée au non-mariage existe bel et bien et cela uniquement sur les femmes.
    Je ne parlai pas vraiment d'ouvrir les jambes et et procréer mais surtout d'avoir un comportement un peu moins egocentrique. Je défie une seule personne de me dire que le comportement des Tokyoïtes n'est pas un comportement auto-centré où l'individu prime sur n'importe quoi.

    Le point sur la retraite: Joker, je fais partie de la génération qui bossera toute sa vie et qui ne la verra pas.
    Après, que le Japon retourne à 60 millions d'habitants en 2100 et que cela ne soit pas considéré comme un réel problème politique, sociale ET économique, et que cela passe après des orientations consuméristes personnelles immédiates, tant pis pour le Japon. Avec des réflexions de ce genre il ne faudra pas venir pleurer après.
    Ensuite, une OL qui gagne largement sa vie mais qui préfère rester jusqu'à 35 ans chez Papa-Maman avec son chien parce que ça coûte moins cher et que c'est plus confortable socialement et financièrement (ca facilite le shopping), qu'on vienne me dire que c'est une situation normale.

    Et je tiens à repréciser que si cette situation est particulièrement vraie à Tokyo où l'on ne voit peu ou pas d'enfants (taux de natalité de 0,98, France:2), ce n'est pas nécessairement le cas dans les autres régions japonaises. Voir des poussettes, c'est la première chose qui frappe...


    Dernière remarque à Akiko: outre le fait que vous ayez vraisemblablement un problème général avec la gent masculine (qui n'est pas de mon ressort) se faire dire "rentrez chez vous" par une Japonaise qui écrit de France, c'est non seulement bas, un petit peu teinté d'un relent de racisme (quand même hein...) et surtout complètement idiot. Je suis ici comme chez moi et je rends hommage à la tradition d'accueil et d'ouverture et de partage qui se manifestent chez une majorité des habitants de ce beau pays...

    Je reste ouvert à la discussion.

    Posté par Massiou, 16 février 2008 à 11:14
  • Ne tombons pas dans le cliché

    Il me semble que ces deux commentaires mettent en exergue de manière patente la dichotomie sociale qui peut exister au Japon. D'une part nous avons des hommes attachés à une conception traditionnelle du rôle de la femme dans le couple, celle de la femme au foyer, et d'autre part la femme qui ressent des velléités d'indépendances, et souhaite s'affirmer au sein de la société comme maillon à part entière du système social et économique et non comme un second rôle cantonné aux tâches ménagères et familiales.

    L'égalité de droit impose une égalité de situation et ceci est illustré par le combat de la femme au sein de la société occidentale tout au long du XXème siècle; pour dans un premier temps disposer des mêmes droits civiques que ces homologues masculins puis dans un deuxième temps face aux réticences masculines il a fallu que le combat se prolonge sur le terrain avec pour fer de lances les diverses associations féministes qui ont permis de faire évoluer nos mentalités pour le moins archaïques. En illustre de ces difficultés les diverses interventions du législateur en France pour non pas garantir mais imposer l'égalité notamment au sein des représentations élues ou encore les diverses décisions prudhommales en matière de salaire et de promotions...

    Le rôle de la femme au sein de la société moderne est pour le moins épineux car touche à l'intime, au plus précieux: la famille.
    Cependant ce que l'on peut noter c'est que pour une fois, en France, on peut être fier de nos gouvernants (cocorico!!) pour la politique natalistes qui a été mise en place et dont nous récoltons aujourd'hui les précieux fruits... En effet elle permet tant aux hommes qu'aux femmes de s'épanouir en tant que mère et père mais également en tant que membre du corps social. Ainsi en France avoir un enfant n'est pas constitutif d'une entrave à la promotion sociale au sein de son activité professionnelle,ceci s'explique par les diverses aides à la constitution d'une famille à la multiplication des crèches et à l'évolution du rôle des parents au sein de la famille: l'homme désormais dans la société française assume à part égal avec la femme son rôle dans les tâches ménagères et dans l'éducation des enfants...

    Ce qui parait évident c'est que la faible natalité tokyoïte est due à des aspirations opposées, le modèle social renvoyé par la société traditionnelle masculine de la femme au sein de la famille n'est pas conciliable avec les aspirations modernes de celles ci.
    Une situation désespérément triste...il est trop facile de tout mettre sur le dos de ces pauvres femmes qui comblent leur déficit affectif comme elles le peuvent et doivent souffrir de ne pas être mère. Elles préfèrent vivre libre et mais sans l'amour le plus beau (celui des enfants) que de vivre une vie familiale classique mais qui peut être aliénante si elle se fait au détriment d'une carrière professionnelle tant souhaité, rêvée...

    Posté par Gérald, 24 avril 2008 à 17:58
  • Re-bienvenue sur le monde des blogs !!

    d'accord avec toi ! Et tu sais, Osaka, c'est un peu mieux, mais ça ne vaut pas Kyoto pour ce qui est de la population.

    Posté par Thomas, 26 septembre 2006 à 23:25
  • Ca c'est ben vrai !!!

    Bonne observation, et selon certaine lecture, à ce rythme là, la race japonaise pourrait s'éteindre d'ici à 200ans.
    Quelle tristesse de savoir que la plupart des femmes de la catégorie dont tu parles refusent d'enfanter pour des raisons de travail et d'image... C'est trop triste !
    - Une femme active ne peut-être qu'une mauvaise mère. Une mère ne peut pas reprendre facilement son travail -. Si c'est pas trop d'entendre ça !!!

    Posté par Pascal.B, 11 octobre 2006 à 00:32
  • hum, à propos des Tanquy au féminin, je pense que la relation entre les parents et des enfants au Japon est assez différente de celle en Europe. ( Les parents japonais ne protesteraient pas "le parasite" de leurs enfants alors que les parents européens ne seraient pas pareils...) Le coût de la vie à Tokyo est plus cher qu'aux autres villes, surtout le loyer. Tant que le loyer est elevé et pourtant les Japonais n'ont pas tellement l'habitude de faire la colocation, c'est pas étonnant que les tokyoïtes restent chez leurs parents. En plus, de la part des parents, quand il s'agit des femmes pas encore mariées, je crois qu'au Japon, les parents parents japonais prèfèrent qu'elles habitent avec eux au lieu de vivre avec leur copain EN CONCUBINAGE.
    Alors, voilà peut-être le problème: pourquoi ces femmes n'ont plus envie de se marier?

    Posté par Laby, 14 octobre 2006 à 22:59
  • elles = leurs filles

    Posté par Laby, 14 octobre 2006 à 23:01
  • c'est effectivement un discours digne de Devilliers

    Posté par MANDRA, 01 novembre 2006 à 17:07
  • statistiques

    Je ne sais pas si quelqu'un a jamais fait des statistiques sur le taux de natalité dans les mégalopoles, et les comparant avec la moyenne nationale. Pas mal de mes collègues (masculin) ont un enfant ou deux... Je ne connais pas de Tokyoïte, c'ets vrai.

    Posté par WaFu3, 10 novembre 2006 à 21:47
  • Effectivement, la question a se poser est plutôt : où sont les hommes japonais qui peuvent nous faire rêver et nous donner envie de nous marier ????????

    Posté par Djustine, 24 novembre 2006 à 20:55
  • oui mais

    en tout cas, une pause a kyushu ca vous requinque.

    Posté par sylvain, 31 décembre 2006 à 20:12

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