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トウフ生活 - Tofu Seikatsu : Journal de vie d'un Français au Japon

Tofu Seikatsu: Journal de vie d'un Français au Japon au quotidien, blog, photoblog, anecdotes, embrouilles, coups de gueule, coups de coeur, coups de mou au Pays du Soleil Levant... et parfois en France aussi

27 mai 2008

Cannabis au Japon: fumons gratuit avec la Douane

Par vraiment surpris... Juste tellement soufflé par cetet dépêche que je reste bouche bée devant une telle... incompétence. Appréciez le "réprimandé"...

Le chien douanier japonais rate le test: un passager part avec le cannabis
TOKYO (AFP) — Un passager débarquant à l'aéroport de Narita, près de Tokyo, a récupéré à son insu sa valise garnie d'une savonnette de cannabis, qu'un chien renifleur a été incapable de retrouver lors d'un test organisé par les douaniers japonais.

La drogue avait été placée dans une boîte en métal enveloppée dans du papier journal et dissimulée dans la poche d'une valise noire, choisie au hasard parmi les bagages de passagers débarquant d'un vol international. "Le chien n'a pas pu la retrouver et le douanier a oublié dans quel bagage il l'avait mis", a déclaré une porte-parole du bureau des douanes. La savonnette de cannabis, de 142 grammes, a une valeur marchande d'un million de yens (6.150 euros). "Si par hasard un passager la retrouve dans son bagage, nous lui demandons de nous la rapporter", a ajouté la porte-parole. Le douanier gaffeur a déclaré qu'il savait qu'utiliser des sacs de passagers pour ce genre de test est strictement interdit, mais qu'il l'avait fait pour "améliorer les capacités du chien renifleur". Il a été réprimandé par le chef des douanes de l'aéroport de Narita qui a présenté ses "excuses les plus sincères" pour l'incident.

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26 septembre 2006

Cette vie tokyoïte... au féminin

Ce fut une grande première pour moi. Vivre à Tokyo "même"...

Cela fait bientôt trois mois que je vis dans la capitale japonaise. Le Japon ne m'est pas inconnu, car ce qui me connaisse ou on déjà suivi mes aventures depuis quelques temps savent que j'ai déjà passé une annnée à Yokohama, puis une autre sur les bords du lac Biwa à proximité de Tokyo.

Mais vivre à Tokyo ne ressemble à rien de ce que j'ai fais jusqu'à ce jour. La ville a changé en 5 ans, sa population a évolué, et j'avoue qu'après un an passé dans le Kansai, revenir ici me laisse plutôt sceptique. Je souhaite exposer ici quelques éléments qui font que je n'arrive pas à aimer Tokyo, du moins une frange de ses habitantes...

Le touriste en goguette ou l'expat n'ayant vu du Japon que Roppongi et Kyoto ne peut, je pense, distinguer ces subtiles différences qui m'irritent ou me décoivent. Ce n'est tout d'abord pas un cliché que de dire que comme pour toute capitale, les gens ne sourient pas. Les tokyoïtes me donnent l'impression d'une joie de vivre anémiée, presque forcée, qui n'a rien à voir avec la gouaille des habitants d'Osaka, la nonchalance bonhomme d'Okinawa ou la jovialité de ceux de Kyushu.. Ils semblent prisonniers dans leur chair, comme avalés par l'énorme mégalopole oú ils vivent. On n'est jamais autant un anonyme que lorsque l'on vit à Tokyo. Les gens passent dans la rue, et il y en aura toujours un qui viendra après... La ville est pleine, mais n'est pas grouillante comme ses homologues asiatiques, elle est plus sage, plus codifiée, plus "coincée".

Tokyo est également une ville où la jeunesse est absente. La baisse drastique du nombre d'enfants ces dernières années se voient et se sent partout. Les dessins animés pour enfants ont disparu de l'antenne, remplacés par des séries plus adultes, diffusées à une heure où tout le monde dort. Les magazines pour la jeunesse se font rares, remplacés par les équivalents de ELLE ou Cosmo où on n'y parle pas congés maternité ou allaitement mais mode, maquillage, chirurgie esthétique.. pour un coeur de cible résolument centré autour de la trentaine. Les femmes japonaises surprennent par la minceur de leurs hanches, même à l'âge de 35-40 ans.. mais sachant qu'elles sont de moins en moins nombreuses à accoucher, elles ne subissent plus les déformations dûes aux grossesses multiples.

Je crois en fait avoir une dent contre la Tokyoïte de 30-40 ans, celle qui a vécu une jeunesse dorée à l'époque de la bulle oú la vie était facile et l'argent coule à flot. Je la trouve même insupportable, égoiste, égocentrique.. Je suis sidéré par le nombre élevé d'entre elles qui, refusant de céder à l'image traditionnelle que l'on peut avoir de la femme japonaise soumise, fuit le mariage, fuit ses responsabilités de mère, fuit même les hommes et tout ce qui ressemble à de l'autorité masculine. Les "Tanguy" au féminin se parent de sac Dior et font tourner une économie japonaise qui se sait déjà menacée par sa pyramide des âges.
Les enfants ici sont très peu visibles. La faune tokyoïte type a la trentaine, pas d'enfants, reste chez ses parents pour pouvoir bénéficier d'un cocon familial sans en supporter les contraintes (financières par exemple). La femme tokyoïte a réussi en contrôlant son corps à mettre en péril l'équilibre même du pays, poussant ainsi ce fémino-capitalisme déguisé à son paroxysme, à sa faillite...

Toute ressemblance avec des personnes déjà rencontrées seraient bien évidemment fortuite....

(bon d'accord, je me suis un peu lâché... et pour avoir relu ce texte, je pourrai presque me croire machiste de la vieille école... mais je pense que ceux qui seront amenés à payer leurs retraites dans 30 ans abonderont dans mon sens... mais promis, la prochaine fois j'attaque la question des hommes nippons qui se croient eux encore au 19ème siècle dans leur relation avec les femmes... soit l'inverse complet de ce que je viens d'écrire... L'excès d'un côté amenant très souvent l'excès de l'autre...)

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Posté par massiou à 11:04 - Chroniques Sociales Nippones - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2006

Shintaro Ishihara, gouverneur fascisant de Tokyo

Il n'y a personne que j'exècre autant que le gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara...
Il commence à être mondialement connu pour ses frasques et ses dérapages verbales qui pour moi ne le distinguent plus vraiment d'un Jean-Marie Le Pen ou d'un Vladimir Jrinovski.

Un bref rapide rappel des "bons mots" de monsieur Ishihara:

  • "En cas de tremblements de terre, pensez à vous méfier des coréens et des chinois, ils seront les premiers à profiter de la panique vous voler"
  • "La langue française est en recul, et ce n'est pas étonnant. C'est l'une des moins pratiques pour les mathématiques. Regardez, pour dire 90, il faut dire 4 puis 20 puis 10... Ça n'a pas de sens..."

J'aurai bien aimé donner comme référence le lien de Wikipédia à son sujet, mais pour l'avoir lu il y a cinq minutes, c'est tout simplement un tissu de mensonge, incomplet et tendancieux, en gros une oeuvre de glorification comme on en écrirait pour Kim Jong-IL

Pourquoi m'énerve-t-il aujourd'hui donc plus qu'hier (et sûrement moins que demian...) ?

Parce qu'il a remis le couvert hier à la Fondation de Cartier, et ce dans un registre digne des plus grands populistes et fascistes du XXème siècle. Sa cible: l'Art Contemporain.

L'article de Libération très complet à ce sujet en fait un excellente description:

....

"Mille cinq cents Japonais, des people et non des moindres, ont été conviés à la cérémonie d'ouverture de l'événement culturel le plus chaud et le plus décalé du printemps. Préparée depuis un an par les équipes parisiennes et tokyoïtes de Cartier, l'exposition «Collection de la Fondation Cartier pour l'art contemporain au Musée d'art contemporain de Tokyo»

[...]

C'est au maire de Tokyo,  Shintaro Ishihara, 73 ans, que revient l'honneur d'inaugurer l'événement. A ses côtés, Bernard Fornas, le président de Cartier international, Seiichiro Ujiie, le directeur du MOT et Hervé Chandès, le directeur de la Fondation Cartier.

[...]

Face au parterre d'invités, le maire fait en effet son numéro. Il a décidé de tout gâcher. Sans prendre de gants, il dénigre l'art contemporain, qu'il associe bêtement à un art exclusivement occidental. Hautain, impoli au point de tourner le dos à ses hôtes, usant d'un ton péremptoire et d'un vocabulaire alambiqué, Ishihara attaque de front l'exposition, tout juste découverte lors d'une visite guidée qui l'a visiblement barbé. 

«En venant ici, je m'attendais à voir de grandes choses, dit-il. Or, je n'ai en fait rien vu.»

Jamais auparavant, à Tokyo, une exposition d'art contemporain n'avait pourtant réuni autant de signatures: trente-deux artistes de douze nationalités, du Congolais Chéri Samba au Français Jean-Michel Othoniel, de l'Irlandais James Coleman à l'Américain Dennis Oppenheim, de l'Italien Alessandro Mendini à l'Américaine Liza Lou, qui voit dans l'événement un
«Nations unies de l'art». Acheminées par avion cargo et bateau, au gré de polices d'assurance incalculables, ce sont toutes des oeuvres acquises depuis vingt ans par la Fondation.

[...]

«L'art contemporain ici exposé, ajoute-t-il, est ridicule.» [...] «L'art contemporain qui a besoin d'être expliqué est nul» répète-t-il, avant d'asséner: «La culture japonaise est plus belle que la culture occidentale.»
[...]

.....


Ces propos ont extrêmement du mal à passer chez moi, car ils symbolisent au plus haut point la caricature même du fasciste, et ce au sens historique du terme.

Car Mussolini, et Hitler à la même époque n'ont cessé de remettre en cause de critiquer ce qu'il appelait "l'Art dégénéré", celui des peintres des années 20, du Cubisme et de Picasso, d'une idée plus expressionniste de la peinture. Les soviétiques par la suite ont repris le flambeau.

Et que ce soit en Italie, en Allemagne, en URSS ou dans tous les pays totalitaires (socialistes ou non), l'idée de ce qu'était l'Art était officielle et ce qui était hors cadre ne valait rien, était "nul", et surtout déviant de la culture originelle des peuples (qu'il soit aryen ou soviétique..).

Comment ne pas faire le parrallèle entre cette époque, ces mots, et notre époque et les mots de Ishihara. L'idée même d'une dominance d'une culture sur une autre est à la source de tous les antagonismes des 100 dernières années: Nationalismes, Colonisations, Exterminations culturelles et/ou ethniques, Rascisme...

Le problème avec Ishihara, c'est qu'il est tout sauf stupide. Il est même brillant intellectuellement. N'a-t-il pas remporté le Prix Akutagawa en 1955, l'équivalent du Goncourt au Japon?

Il sait que ces dérapages lui servent, car il ne franchit jamais vraiment la ligne jaune, se justifie toujours et flatte l'ego de ces concitoyens avec un populisme à la Papa...

Sa victime précédente était d'ailleurs Mickey Mouse. Pourquoi? "car il n'a pas la sensibilité qu'ont les personnages des dessins japonais. Je le hais."
Une remarque à la hauteur du personnage..


Aujourd'hui, en tout cas, j'ai une raison de plus (une énième...) à pousser ma douce et tendre à s'inscrire sur les listes électorales une fois emménagée à Tokyo.
Ishihara dehors, la meilleure chose qui pourrait arriver au Japon... (sauf gagner la Coupe du Monde peut-être, mais ça c'est une autre histoire..)

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Posté par massiou à 23:46 - Chroniques Sociales Nippones - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 février 2006

Chronique de la violence sociale à Osaka

Une scène d'une rare violence au Japon, vue ce dimanche et lundi sur la plupart des chaines de télévision:

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Samedi soir et dimanche matin s'est déroulé un affrontement assez singulier en plein coeur de Kita-ku, le quartier nord d'Osaka. 500 policiers ont fait face à une quarantaine de SDF et une centaine de leurs "supporters".

La clef du problème est simple. Au Japon, depuis l'éclatement de la bulle spéculative au début des années 90 et la montée du chômage, le phénomène des SDF s'est accentué, au point même de devenir "visible". Certains français rigolent de voir ces derniers (installés par exemple du côté de Shinjuku et Uneo à Tokyo) vivre dans des petites cahutes reconnaissables à leurs bâches bleues, certains même disposant d'une TV. Mais ce ne sont ni plus ni moins que des bidonvilles installés au sein des métropoles flamboyantes d'une économie qui se targue d'intégrer les siens.

Seulement voilà, chaque modèle social (et les français sont bien placés pour le savoir) a ses failles. Et ses "homeless" (mot anglais utilisé en japonais). Et chaque modèle social se plaît à mettre en avant ses réussites et à dissimuler ses échecs. Hors l'exclusion à la japonaise est d'autant plus criante pour deux raisons:

  1. Les SDF ici sont tous des hommes âgés, c'est à dire de plus de 40-45 ans, souvent proches de 60. Des hommes à une écrasante majorité. Des exclus et des victimes de la dépression des années 90. Un phénomène plus proche donc de celui rencontré aux États-Unis qu'en France.
  2. Les exclus sont voyants dans les villes: on les repère par blocs en raison de leurs huttes protégées par leur fameuses bâches bleues:


Et c'est ce que n'ont plus supporté les autorités municipales d'Osaka. La population de SDF dans la ville est estimée à environ 6.000 personnes. Et les jardins publics sont désormais verts (les arbres) et bleus (les bâches). Il a donc été décidé "d'en finir".  Un arrêté d'expulsion a donc été délivré à la quarantaine de SDF résidant dans un parc de Kita-ku. La ville et la police ont choisi d'expulser, et c'est tout.

Aucune mesure sociale, aucun accompagnement, aucune solution de relogement.

Dimanche matin, à 5 contre 1, les policiers ont donc trainé manu militari les SDF et les membres des associations de défense des exclus hors du jardin public, souvent violemment. Mais ce qui m'a choqué le plus, c'est ce qui s'est passé après.

Les policiers, armés de couteaux, de pieux, de pioches, ont lacéré et mis à terre toutes les constructions précaires faites de cartons et de plastique. Ils s'en donnaient à coeur joie, et symbolisaient pour moi ce qu'est cette violence symbolique inhérente aux sociétés modernes, et plus particulièrement à la société japonaise dans ce cas. Les japonais, même exclus, se séparent difficilement du groupe. Et tous avait réussi à recréer du lien, de la cohésion sociale (voir à ce titre ce reportage photo sur le site de la BBC). Et plus que leurs habitations, c'est leur dernière fierté d'homme qu'ils ont balayé.

On se détruit pas les hommes en les rendant pauvres, on les détruit en leur enlevant leur essence d'homme. Et les japonais sur ce coup-là sont plus généreux avec leurs animaux de compagnie qu'avec leurs exclus.

Une dernière anecdote:

Il y a 4 ans j'étais étudiant dans la région de Yokohama. Une fois revenant des courses tard le soir avec une amie, nous avons croisé dans le jardin public attenant à la résidence universitaire un homme en slip près d'une fontaine. Un peu affolée, cette amie (japonaise) était allée prévenir le gardien de la résidence, craignant qu'il ne soit un chikan, c'est à dire un pervers sexuel. Le gardien est allé le voir.

Il n'était pas chikan, il n'était pas un pervers.

C'était juste le SDF qui vivait à quelques mètres de là, sous le pont sur lequel nous passions tous les jours. Pourquoi était-il en slip? il se lavait, à une heure où peu de gens pourraient le voir. Par fierté, mais aussi et surtout par volonté de ne pas gêner le voisinage, de pas interférer dans l'harmonie du groupe.

Cette histoire aussi m'avait marqué.

Comme l'ultime exemple du wa, le concept même d'harmonie qui unit le peuple de l'archipel. Qui unit et qui exclut aussi cruellement. Qui refuse de voir sa propre "armée des ombres", celle qui froisserait sa lumière... Ici le soleil ne se lève pas pareil pour tout le monde, selon que l'on porte un sac Vuitton ou que l'on vive sous une bâche bleue...

Posté par massiou à 16:32 - Chroniques Sociales Nippones - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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